lundi 28 décembre 2015

La fête de la liberté

Le ciel, le "soleil" et la mer
(photo : Nicolas A.)




En ce dimanche 20 décembre (20 Desamn), l’île d’Amsterdam n’oublie pas les liens forts qu’elle entretient depuis longtemps avec une autre île de l’Océan indien, même si distante de plus de 2880 km : l’île de la Réunion.

Afin de célébrer dignement la fête réunionnaise de la liberté (également appelée fête Kaf’), jour férié qui commémore depuis 1981 la proclamation de l’abolition de l’esclavage à la Réunion par le gouverneur J. N. S. Sarda Garriga le 20 décembre 1848, les couleurs réunionnaises sont hissées tôt ce matin dans le ciel bleu d’Amsterdam (en ce début d’été, le soleil se lève dès 4 h 20 sur la base).











Préparation du rougail z'andouilles et du carry d'espadon (photo : Nicolas A.)


Puis nos camarades réunionnais du service « infra » (pour infrastructures, c'est-à-dire l’entretien et la rénovation des bâtiments et voiries) entreprennent la cuisson d’un alléchant « rougail z’andouilles » et d’un sympathique carry d’espadon au barbecue. Notre chef Francis élabore quant à lui son traditionnel punch (à base de rhum Charrette* bien entendu) et quelques desserts !





Grâce à un temps superbe, toute la mission peut alors déguster ces spécialités dehors tout en écoutant quelques morceaux de maloya et de séga, et en se désaltérant avec quelques dodos* (bière réunionnaise) ou de l’eau minérale de Cilaos.

Déjeuner en plein air devant le Skua (photo : Nicolas A.)

Après-midi détente pour poursuivre la fête : pétanque, partie de pêche, baignade à la cale parmi les otaries et les sternes…

Panorama de la cale - version baignade (photo : Clément G.)

Ainsi s’est achevée la campagne d’été 2015 sur le district, juste avant l’arrivée du Marion Dufresne le 23 décembre.

Joyeuses fêtes de fin d’année à toutes et tous et à l’année prochaine !


(*) : à consommer avec modération bien entendu !

mercredi 16 décembre 2015

Ambiances sonores de bord de mer


Les otaries à fourrure subantarctiques (arctocephalus tropicalis), mammifères marins emblématiques du district, sont plus de 50 000 sur l'île d'Amsterdam, où elles vivent sur toutes les côtes rocheuses qui le permettent, en particulier autour de la base (et tentent même parfois quelques incursions dans la base !). Le mois de décembre est une période de forte activité dans les colonies d'otaries : constitution de harems de femelles autour des mâles dominants, reproduction et naissance des jeunes otaries (appelées pup's). Ce qui frappe les visiteurs et les hivernants à cette période est le vacarme intense qui émane des colonies en bord de mer : une grande diversité de cris, de grognements et de plaintes retentissent ainsi nuit et jour, couvrant même parfois le bruit du vent ou des rouleaux qui se jettent sur les rochers. 

Nous vous proposons donc, dans cet article, de partager avec vous ces ambiances sonores qui animent notre quotidien !

Dialogue entre une femelle et son petit


Photo : Hélène LB. - Son et montage : Jean-Charles B.

La reconnaissance entre la femelle et son petit, au sein de la colonie, se fait vocalement. La femelle appelle le petit qui lui répond, ce dernier la guide ainsi jusqu'à lui. 



Mâle 


Photo : Laurent S. - Son et montage : Jean-Charles B.


Le mâle, venu pour la période de reproduction, marque aussi son territoire vocalement, faisant ainsi entendre aux importuns que le terrain est déjà occupé !

Bébé otarie (pup's)


Photo : Hélène LB - Son et montage : Jean-Charles B.

Malgré les apparences, il n'y a vraiment pas d'agneau sur cette île !


Concert à plusieurs voix (colonie de Ribault)


Photo : Clément G. - Son et montage : Jean-Charles B.

Pour terminer, maintenant que chacun sait reconnaître sans se tromper le mâle, la femelle et le pup's, voici un petit concert symphonique enregistré à Ribault, sur fond de bruits de vagues (Ribault est un site côtier abritant une colonie d'otaries, et parfois quelques gorfous, situé à une quinzaine de minutes de marche à l'est de la base ; c'est un lieu de détente apprécié pour pêcher, pour passer la nuit dans la cabane du même nom, ou tout simplement, pour venir écouter des mélodies animales !). 


lundi 7 décembre 2015

Quatre Nicolas et un gorfou en pain d'épices !

La campagne d’été (décembre) a débuté à Amsterdam avec le passage du Marion fin novembre, de nouveaux hivernants et campagnards scientifiques nous ont rejoints pour quelques semaines ou quelques mois, et nous sommes désormais 33 résidents sur le district.

Fait assez inhabituel pour être souligné, avec les nouveaux venus, 15 % des hommes présents portent le prénom de Nicolas ! Pas toujours facile de s’y retrouver dans les plannings et les feuilles de sorties sur le terrain, quand on a seulement la mention d’un « Nico » inscrite pour tout indice ! Heureusement, ils occupent des fonctions différentes sur base, ce qui permet de les différencier.

Gorfou en pain d'épices (photo : Nicolas A.)
Ainsi, en ce dimanche 6 décembre, jour de la Saint-Nicolas, il fallait quand même marquer le coup ! Les Nicolas ont donc entrepris de réaliser pour le soir des pains d’épices maison, sous la houlette d’un Olivier plus expérimenté qu’eux dans le domaine de la pâtisserie, et avec l’autorisation du chef de cuisine d’utiliser le laboratoire.

Cette tradition du Nord-est de la France et d’Europe du Nord a été cependant légèrement détournée puisque à côté du classique bonhomme en pain d’épices est sorti du four un gorfou sauteur plus typique des contrées subantarctiques que de la Lorraine !

Nicolas le chimiste, Nicolas le médecin, Nicolas l'ornithologue et Nicolas le chef de district
(photo : Olivier L.)


dimanche 6 décembre 2015

Plantation exceptionnelle d’un jeune phylica à BMG !

L’île d’Amsterdam est célèbre dans toutes les T.A.A.F., et bien sûr au-delà,  pour un fait bien particulier parmi tant d’autres : elle est la seule île des Australes sur laquelle pousse spontanément un arbre, le Phylica arborea.


Rameau de phylica (photo : Nicolas A.)
Cet arbre de la famille des Rhamnacées a néanmoins bien failli disparaître, essentiellement à cause de la pression humaine, c’est pourquoi il fait l’objet depuis plusieurs années d’un programme de conservation. Les agents de la réserve naturelle produisent annuellement plusieurs centaines de plants sur base, en pépinière,  à partir de graines récoltées méticuleusement dans le milieu naturel.  Ces plants sont ensuite installés dans les secteurs de l’île les plus favorables au développement de l’espèce. La campagne hivernale de plantation 2015 s’est achevée courant novembre avec plus de 680 jeunes plants supplémentaires mis en terre grâce à l’aide de nombreux volontaires, qui accompagnent les agents de la réserve dans leurs tâches.









Madame le Préfet recevant un phylica d'Amsterdam
des mains du chef de district (photo : Ségolène D.)
A l’occasion de sa seconde visite sur le district lors de l’escale du Marion Dufresne fin novembre (opération logistique de ravitaillement dite OP3),  Madame le Préfet s’est vue offrir par les hivernants un produit typiquement local : un plant de Phylica tout droit sorti de la pépinière ! Or, comme la réglementation de la réserve naturelle interdit toute exportation de végétaux, y compris quand il s’agit d’un cadeau à une invitée de marque, il lui a été proposé en conséquence de contribuer elle aussi au programme de restauration du phylica dans son milieu naturel en le plantant le lendemain dans un très beau site côtier de l’île, où se trouve déjà de vigoureux phylicas bientôt adultes : le site des falaises de BMG (nommé ainsi, soit disant, d’après les initiales d’anciens hivernants qui affectionnaient cet endroit, mais plus personne aujourd’hui sur base ne saurait dire exactement  à quels prénoms elles correspondent !).   


Etiquette du pot de phylica, créée pour l'occasion (Nicolas A.)




C’est ainsi que le lendemain, sous un beau soleil et au terme d’une marche vivifiante sur les chemins vallonnés de l’île, Madame le Préfet, accompagnée par Arnaud, agent de la réserve, a clos très officiellement la campagne de plantation 2015, après avoir dépoté, mis en terre et arrosé le phylica  qui lui avait été remis la veille, laissant ainsi sur le terrain une preuve discrète de son deuxième séjour à Amsterdam …

Madame le Préfet, Arnaud et le phylica planté à BMG (photo : Ségolène D.)