dimanche 31 décembre 2017

31 décembre 1949 : Première mission à Amsterdam

Il y a 68 ans, le 31 décembre 1949, Martin de Viviès arrivait sur Amsterdam avec la 1ère mission.

Après 4 siècles d’histoire, de sa découverte à sa prise de possession officielle, en passant par diverses tentatives d’exploitation, l’île d’Amsterdam se retrouvait à l’abandon et sa souveraineté menacée. Après la seconde guerre mondiale, de nombreux pays cherchent à implanter des stations radio-météo.

« Ces points délaissés, perdus dans les immensités des mers australes, ne vont pas tarder, à cause même de leur isolement, à être l’objet d’un intérêt international ».
Martin de Viviès

« A une époque où les besoins sans cesse croissants des utilisateurs de la météorologie obligent certains pays, dont la France, à entretenir à gros frais, des stations flottantes (frégates météorologiques de l’Atlantique), une île située à des distances sensiblement égales (de l’ordre de 3 500 km) de l’Antarctique, de l’Australie et de Madagascar, devait nécessairement recevoir une station météorologique permanente. Il devenait non moins nécessaire de confirmer, par la présence, des droits que le défaut d’occupation et l’évolution du droit international auraient pu rendre contestable. »
Martin de Viviès

Le 12 novembre 1949, la navire SAPMER quittait Marseille avec à son bord 5 météorologues, 4 radios, un infirmier et 135 tonnes de matériel. Il récupera lors de son escale à La Réunion 15 autres personnels, ce qui porta les effectifs de la première mission à 25. La base de l'île Amsterdam porte aujourd'hui le nom de son premier chef de district : Martin de Viviès.


Première mission - 1950 © archives du district
Premier campement - 1950 © archives du district
Premières installations en dur - 1950 © archives du district

lundi 25 décembre 2017

Un mois de passation


Le Marion Dufresne vient juste de quitter Amsterdam après 3 jours d'OP4, mettant fin à la brève campagne d'été. Cette période a vu la passation entre anciens et nouveaux Volontaires de Service Civique du district de Saint-Paul et Amsterdam. Parmi ces derniers, le programme 109 du CNRS de Chizé consacré à l'écologie des oiseaux et mammifères marins est soutenu sur le terrain par un volontaire de service civique. C'est dans ce cadre que Manon Devaud (ornitho mission 68) est amenée à transmettre à la fois ses connaissances acquises et son expérience de l'hivernage à Chloé Tanton (ornitho mission 69).

Le mois de décembre correspond à la période intense de la reproduction des otaries à fourrure subantarctique Arctocephalus tropicalis. Les deux ornithologues-otaristes vont donc chaque jour à la MAE (Mare aux éléphants ; zone d'étude de la colonie des otaries) compter le nombre de nouveau-nés communément appelés « pups », repérer les individus bagués et continuent les suivis débutés il y a maintenant quelques années.

« Etre au cœur de la colonie est moment privilégié pour nous, chaque comportement chez les otaries nous intrigue, nous amuse mais peut aussi nous surprendre. Nous sommes ici chez elles c'est pourquoi nous veillons à être coordonnées et efficaces lors de chaque passage sur la MAE pour limiter le dérangement dans la colonie ». Chloé et Manon.


Passation à la MAE © Isabelle Jouvie

Passation à la MAE © Isabelle Jouvie
Marquage des pups de l'année © Dominique Hoareau


A cette même période, les poussins d'albatros d'Amsterdam Diomedea amsterdamensis, espèce endémique de l'île, préparent leur premier envol du Plateau des Tourbières vers la mer. Nous sommes donc allées au Plateau des Tourbières dans le but de baguer et de réaliser différents mesures et prélèvements (génétique et isotopique) sur les poussins. Ces derniers ne reviendront sur ce site de reproduction que dans 6 années minimum. Le Plateau des Tourbières est un site sensible et fait l'objet de restriction d'accès pour les études scientifiques.

Passation au plateau des Tourbières © Pierre Osik

Enfin, la 3ème étape de la passation se déroule sur le site d'Entrecasteaux, à plus de 8h de marche intense de la base dévoilant les paysages volcaniques de l'île et sa célèbre via ferrata.

Transit à la Caldeira @ Chloé Tanton


Début de la via ferrata © Jean-Christophe Nayrolles

Les falaises d'Entrecasteaux accueillent de nombreuses colonies d'albatros à bec jaune Thalassache chlororhynchos bassi, albatros fuligineux à dos sombre Phoebetria fusca et de gorfou sauteur subtropical Eudyptes chrysocome moselyi. Ces colonies sont parmi les plus importantes au niveau mondial. L'objectif des deux ornithologues sur ce site majestueux est d'identifier l'état des colonies à travers les effectifs, le statut reproducteur et l'évolution des populations.

Deux programmes scientifiques (programmes 109 et 1151) travaillent à la fois sur la démographie et sur l'épidémiologie des albatros à bec jaune d'Entrecasteaux. Entrecasteaux bénéficie au même titre que le Plateau d'une restriction d'accès pour les études scientifiques.

Albatros à bec jaune © Chloé Tanton
Passation à Entrecasreaux © Jean-Christophe Nayrolles

Dans les colonies d'Albatros à bec jaune © Jean-Christophe Nayrolles


Toutes ces études nécessitent une logistique humaine et matérielle non négligeable. La vie en cabane occupe une grande partie de ces manipes (mot taafien signifiant la réalisation d'étude de terrain). Ces moments privilégiés sont très importants pour la vie des hivernants et ceci est largement transmis lors de la passation. Bien évidemment, tout cela ne serait pas possible sans l'aide des manipeurs de la base… De la part des deux ornithologue-otaristes: Merci à toute la mission 68 et 69.


Manon et Chloé

© Chloé Tanton


© Jean-Christophe Nayrolles