lundi 18 décembre 2017

Saint-Paul : une entrée inattendue pour le nouvel Ornithologue du programme 109

Le Marion Dufresne est arrivé le 26 novembre 2017 sur l’île d’Amsterdam pour la 3e opération portuaire de l’année. A cette occasion, 13 nouveaux hivernants ont débarqué sur l’île pour marquer l’installation d’une nouvelle mission. Tous sauf un …

Dans le cadre d’un projet de rénovation du refuge soutenue par l’Institut Polaire Français (IPEV) et profitant de la rotation du Marion Dufresne lors de l’OP3-2017, le responsable terrain du programme 109 « Ornitho-Eco » concernant l’écologie des oiseaux et des mammifères marins dans les Terres Australes et Antarctiques Française (TAAF) a pu effectuer un séjour sur l’île Saint-Paul du 26 au 29 novembre 2017.

Rénovation du refuge © Chloé TANTON

A cette occasion et avant même de débarquer sur Amsterdam, Chloé TANTON, ornithologue de la 69ème mission, en charge pendant un an du programme 109 a eu comme mission principale de poursuivre l’observation de la réhabilitation écologique de l’île Saint-Paul c’est-à-dire rechercher l’installation de nouvelles espèces d'oiseaux et suivre l'évolution démographique de celles déjà présentes. 3 années se sont écoulées depuis le dernier ornithologue du programme 109.


Ornithologue © IPEV
 
Ainsi, durant 4 jours, Chloé a effectué des photos-comptage de la colonie de Gorfou sauteur subtropical Eudyptes chrysocome moselyi du Grand Morne, contrôlé les terriers de Prions de Macgillivray Pachyptilla macgillivrayi, endémique de l’île mais aussi surveillé les nouveaux nés d’Otarie à fourrure subantarctique Arctocephalus tropicalis présentes sur tout le pourtour du cratère.

Gorfous sauteurs subtropical © Chloé TANTON

Comptage de gorfous – jetée Nord © Chloé TANTON


Ornithologue © IPEV

Comptage d’otaries © Chloé TANTON



Ce travail, ainsi que ceux effectués depuis maintenant une dizaine d’année, font suite à la réhabilitation écologique de l’île entre janvier 1997 et janvier 1999 après l'extermination en 1997 des rats et des lapins sur Saint-Paul.

Grace à une étroite collaboration avec l’IPEV, les travaux sur la cabane se sont admirablement bien déroulés et tous ont pu réaliser leur mission sur cette île du bout du monde.

Site Prions de Macgillivray © Chloé TANTON


Chloé TANTON 
Responsable terrain du programme 109 « Ornitho-Eco » - mission 69

4 commentaires:

  1. C'est avec beaucoup de plaisirs que nous retrouvons une élève de notre école primaire. Un grand merci pour ce premier article que les élèves ont bien apprécié. Viennent les questions suivantes:
    En quoi consiste un photo-comptage?
    Les populations des différentes espèces observées ont-elles augmenté?
    La cabane est-elle confortable? Quel type de chauffage?
    Amitiés celloises

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    1. Et voici la réponse de notre ornitho !

      1. Le photo comptage est une technique non-intrusive utilisée pour dénombrer les individus d'une population donnée. Il s'agit de réaliser à distance et sur un point élevé (GPS) plusieurs photos de la colonie qui seront ensuite analysées sur un poste informatique. Selon le protocole, on doit compter sur photo le nombre d'oiseau qui couve (donc le nombre de nid) pour évaluer le succès reproducteur soit l'ensemble des individus présents pour avoir l'effectif total de la population. Ainsi, grâce à cette technique nous pouvons voir si la population est stable, augmente ou décline d'année en année. A titre d'exemple en mars 2014, il y avait près de 3500 gorfous sauteurs dans la colonie du Grand Morne. J'espère que cette année ce chiffre aura gonflé !

      2. Sur Saint-Paul nous avons encore trop peu d'informations sur l'état de nos populations. En effet, l'île est un site sensible, classée en Réserve intégrale depuis 2006 et les passages sur site sont rares et dépendent des rotations du Marion Dufresne ainsi que des besoins logistiques et humains de l'Institut Polaire (IPEV). Les derniers scientifiques ornithologues du 109 qui sont passés sur Saint-Paul remontent à 2006 puis plus récemment à 2014 et enfin cette année 2017. Pour descendre sur l'île, il faut un arrêté préfectoral.
      Plus généralement sur Saint-Paul et suite à la dératisation de l'île en 1997, les espèces tendent à recoloniser l'île petit à petit. Par exemple pour le Prion de Macgillivray qui a failli disparaitre et dont le dernier bastion se situait sur la Roche Quille (roche isolée à 50 mètres des rives de Saint-Paul), le nombre de nid a doublé de 2006 à 2014 avec 31 terriers occupés par un oiseau et 7 poussins observés en 2014. En décembre 2017, j'ai pu observer 35 terriers sur une seule partie de l'île, mais tous inoccupés à cette époque car les oiseaux étaient probablement en exode pré-positale (c'est à dire qu'ils accumulaient des réserves de graisse en mer avant de pondre leur unique œuf).

      3. La cabane est très modeste, nous avons des lits et de quoi faire à manger (il y a un gaz). Pour la nourriture nous fonctionnons avec des boites de conserve et exceptionnellement avec des aliments frais quand le Marion Dufresne dispose d'assez de quantité pour un séjour court (- 5jours). Les douches sont solaires et extérieures.
      Dans la cabane il n'y a pas de chauffage. Cette année le but de la manip IPEV était d'installer des panneaux solaires sur le toit de la cabane pour avoir l'électricité : mission réussie !

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  2. Merci Fred pour votre intérêt, nous vous répondrons ici très rapidement ! Vous pouvez aussi si vous le souhaitez me donner votre mail dans un commentaire, je ne le publierai pas il restera entre nous.
    Amitiés amstellodamoises

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  3. Bonjour, grand merci de nous donner des nouvelles de Saint Paul, J'ai référencé votre Blog sur : https://www.hagassyte.fr/saint-paul-amsterdam/ . Mon site concerne l'ensemble des courriers philatéliques des TAAF. Bon séjour à Amsterdam et de temps à autres à Saint Paul.
    Bon courage, rapportez-nous des images de nos animaux préférés.

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